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Engagement Collectivité

Égalité filles-garçons : le rôle clé des communes

Liz Garnier
Liz Garnier

Seulement 28 % de femmes aux postes clés du pouvoir en France en 2025, selon l’index de féminisation du pouvoir d’Oxfam. Le chiffre est frappant. Mais ce que l’on oublie souvent, c’est que les inégalités entre les femmes et les hommes se construisent bien avant l’âge adulte — dans les cours de récréation, sur les terrains de sport, lors des activités périscolaires.

Votre commune n’est pas spectatrice de ce processus. Elle en est l’un des acteurs centraux. Et elle dispose de leviers concrets pour agir.


Pourquoi l’égalité filles-garçons concerne votre commune

Un cadre légal qui engage les collectivités

La convention interministérielle 2019-2024 pour l’égalité entre les filles et les garçons, signée par six ministères, prévoit une déclinaison territoriale de ses objectifs. Les collectivités locales y sont identifiées comme des relais indispensables, notamment sur deux champs où elles ont une responsabilité directe : le périscolaire et l’extrascolaire.

Concrètement, cela signifie que les communes ne peuvent pas se contenter de “suivre le mouvement”. Elles sont attendues sur des actions précises : formation des animateurs, programmation d’activités non stéréotypées, aménagement des espaces publics.

Le plan national 2025-2027 pour l’égalité réelle renforce cette exigence en y ajoutant un volet sur l’autonomie économique des femmes, dont les racines plongent directement dans l’éducation des filles dès le plus jeune âge.

Ce qui se joue sur votre territoire

Les stéréotypes de genre ne sont pas des abstractions. Ils se matérialisent dans des choix quotidiens : quelle activité sportive proposer aux enfants, comment distribuer l’espace dans une cour de récréation, quels modèles mettre en avant lors des événements municipaux.

Votre commune gère des équipements sportifs, des centres de loisirs, des bibliothèques, des espaces publics. Chacun de ces lieux peut reproduire les inégalités ou, au contraire, contribuer à les réduire. La question n’est pas de savoir si vous avez un rôle à jouer, mais comment vous allez le jouer.


Les espaces publics : un levier sous-estimé

Des cours de récréation qui excluent

Les travaux d’Édith Maruéjouls, docteure en géographie du genre et spécialiste de l’accompagnement des collectivités sur ces questions, ont mis en lumière un phénomène que chacun peut observer : dans une cour de récréation classique, le terrain de football occupe l’espace central. Les garçons y jouent. Les filles sont reléguées sur les bords, contre les murs, dans les recoins. Ce n’est pas un choix conscient des enfants : c’est le résultat d’un aménagement qui favorise une pratique au détriment de toutes les autres (source : IH2EF).

Enfant jouant sur des structures de jeux dans une cour d'ecole
Photo : Thirdman — Pexels

Repenser l’aménagement d’une cour de récréation — en diversifiant les espaces de jeux, en supprimant le terrain central unique, en créant des zones de repos, de lecture, de jeux calmes — permet de redistribuer l’espace de manière plus équitable. Plusieurs communes françaises l’ont déjà fait, avec des résultats mesurables sur la mixité des usages.

Espaces sportifs et places publiques

Le même mécanisme s’observe dans les équipements sportifs municipaux. Les créneaux des gymnases sont-ils répartis équitablement entre les associations sportives féminines et masculines ? Les city stades sont-ils fréquentés par les filles autant que par les garçons ? Les skate parks, les terrains de basket en accès libre — qui les utilise réellement ?

Poser ces questions, c’est déjà agir. Et les réponses conduisent souvent à des ajustements simples : diversifier les équipements en accès libre, proposer des créneaux non genrés, créer des espaces multisports plutôt que des monocultures du ballon.


Agir sur les temps périscolaires et extrascolaires

L’appel à projets national : un signal fort

En 2023, le gouvernement a lancé un appel à projets spécifiquement dédié à la promotion de l’égalité filles-garçons pendant les temps périscolaires et extrascolaires. Le résultat : 252 dossiers reçus, 10 projets lauréats et plus de 30 000 bénéficiaires directs.

Ces chiffres montrent deux choses. D’abord, que la demande est massive : 252 territoires ont identifié un besoin et proposé des actions. Ensuite, que les solutions existent et fonctionnent : les projets lauréats ont touché des dizaines de milliers d’enfants.

Des actions concrètes dans vos centres de loisirs

Vous n’avez pas besoin d’attendre un appel à projets national pour agir. Votre commune peut dès maintenant :

  • Former les animateurs périscolaires à la détection et à la déconstruction des stéréotypes de genre. Un atelier “bricolage” réservé aux garçons et un atelier “danse” réservé aux filles, c’est du stéréotype en action.
  • Proposer des activités mixtes par défaut : sports collectifs mixtes, ateliers scientifiques ouverts à tous, programmation culturelle diversifiée.
  • Revoir les catalogues d’activités : si votre programmation périscolaire propose football, rugby et judo d’un côté, et danse, gymnastique et dessin de l’autre, la répartition genrée est programmée d’avance.
  • Suivre la mixité effective : combien de filles dans l’activité robotique ? Combien de garçons dans l’atelier théâtre ? Les chiffres parlent.
Enfants jouant au football ensemble dans un parc
Photo : Kampus Production — Pexels

L’enjeu n’est pas d’interdire quoi que ce soit, mais de s’assurer que chaque enfant a accès à l’ensemble des possibilités, sans pression implicite liée à son genre.


Semaine de l’égalité : mobiliser votre territoire

Du 4 au 11 mars 2026

La Semaine de l’égalité entre les filles et les garçons revient du 4 au 11 mars 2026. Cette année, la thématique retenue est la “citoyenneté numérique” — un sujet qui résonne particulièrement avec les usages des jeunes et les responsabilités des collectivités en matière d’éducation au numérique.

Organiser des événements municipaux

Cette semaine est une opportunité pour votre commune de rendre visible son engagement. Quelques idées d’événements réalisables à l’échelle communale :

  • Exposition à la médiathèque sur les femmes dans l’histoire locale (sportives, résistantes, élues, entrepreneures de votre territoire)
  • Ateliers en centres de loisirs autour de la citoyenneté numérique : comment les stéréotypes de genre se propagent sur les réseaux sociaux, comment les identifier, comment y répondre
  • Projection-débat d’un documentaire sur l’égalité, ouverte aux familles, dans une salle municipale
  • Rencontre avec des professionnelles exerçant des métiers traditionnellement masculins (pompière, ingénieure, agricultrice du territoire)

Tisser des partenariats

La Semaine de l’égalité est aussi l’occasion de renforcer les liens entre votre commune et les acteurs de l’éducation. Travaillez avec les directeurs d’école pour coordonner les actions. Associez les associations locales — notamment celles qui oeuvrent sur l’éducation populaire, le sport féminin ou les droits des femmes. Impliquez les conseils municipaux des jeunes, quand ils existent.

Un événement co-construit avec les partenaires du territoire a plus d’impact qu’une initiative isolée de la mairie.


Communiquer avec les citoyens sur vos engagements

Rendre visibles les actions de la commune

Agir pour l’égalité filles-garçons, c’est bien. Le faire savoir, c’est indispensable. Non par souci de communication politique, mais parce que la visibilité des actions crée un effet d’entraînement. Quand les habitants voient que leur commune s’engage concrètement, ils sont plus enclins à s’impliquer eux-mêmes.

Avec une application municipale comme Mairie en Direct, vous disposez d’un canal direct pour informer vos citoyens :

  • Notifications push pour annoncer les événements de la Semaine de l’égalité
  • Articles dans le fil d’actualité présentant les actions engagées (réaménagement d’une cour de récréation, nouveau programme périscolaire mixte)
  • Photos et retours sur les événements passés, pour créer de l’engagement et donner envie de participer aux prochains
  • Sondages pour recueillir l’avis des habitants sur les priorités en matière d’égalité

La gestion de vos événements municipaux via l’application facilite aussi la promotion de ces temps forts auprès de publics qui ne consultent ni le site web de la mairie, ni le panneau d’affichage.

Impliquer les habitants

L’égalité filles-garçons n’est pas un sujet réservé aux élus et aux services municipaux. Les parents, les bénévoles associatifs, les éducateurs sportifs, les commerçants — tous ont un rôle. Utilisez votre appli pour leur donner la parole :

  • Témoignages de parents dont les enfants ont bénéficié d’activités périscolaires mixtes
  • Retours des animateurs sur les changements observés dans les comportements des enfants
  • Propositions citoyennes pour de nouvelles actions

3 exemples d’actions municipales concrètes

1. Renommer des rues et des équipements

Regardez le plan de votre commune. Combien de rues portent un nom de femme ? Combien d’équipements sportifs, de salles municipales, de parcs ? Dans la plupart des villes françaises, le déséquilibre est massif.

Renommer progressivement des voies et des bâtiments en l’honneur de femmes marquantes — locales ou nationales — est un geste symbolique puissant. Il change le paysage quotidien des enfants qui grandissent dans votre commune. Quand une fillette passe chaque matin devant le “Gymnase Marie Curie” ou la “Médiathèque Simone Veil”, elle intègre que les femmes aussi ont leur place dans l’espace public.

2. Mettre en place un budget sensible au genre

L’analyse genrée du budget municipal consiste à examiner la répartition des dépenses communales sous l’angle de l’égalité femmes-hommes. Par exemple : quel pourcentage du budget sport bénéficie aux associations féminines ? Quel est le ratio hommes-femmes parmi les bénéficiaires des subventions culturelles ?

Cette démarche ne nécessite pas de budget supplémentaire. Elle demande simplement de poser la question de la répartition. Et les réponses sont souvent éclairantes. Un gymnase flambant neuf réservé à 80 % à des clubs masculins, c’est un choix budgétaire genré — même s’il n’a jamais été présenté comme tel.

3. Nouer des partenariats avec les associations locales

Les associations de votre territoire qui travaillent sur l’égalité, le sport féminin, l’éducation populaire ou les droits des femmes sont des alliées précieuses. Elles disposent d’une expertise, de réseaux et d’une légitimité que la mairie seule ne possède pas.

Formalisez ces partenariats : conventions pluriannuelles, mise à disposition de locaux, co-organisation d’événements, relais via votre application municipale. Le tissu associatif local est le meilleur amplificateur de vos politiques d’égalité.


Votre commune peut faire la différence

L’égalité entre les filles et les garçons ne se décrète pas. Elle se construit, action après action, dans les espaces que vous aménagez, les activités que vous proposez, les modèles que vous rendez visibles et les messages que vous diffusez.

Votre commune a les compétences, les leviers et la proximité nécessaires pour agir. Il ne manque qu’un outil pour fédérer ces efforts et les rendre visibles auprès de vos habitants.

Réservez votre démo de Mairie en Direct et découvrez comment une application municipale peut soutenir votre politique d’égalité au quotidien.


Cet article fait partie de notre guide pour les collectivités.

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