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Engagement Entreprise

Index égalité professionnelle 2026 : guide pratique

Liz Garnier
Liz Garnier

Vingt-quatre pour cent. C’est l’écart de rémunération moyen entre les femmes et les hommes en France, tous postes confondus. Ramené à poste équivalent, il reste encore 4 % d’écart inexpliqué. Côté pouvoir, la situation n’est guère meilleure : 28 % seulement des postes clés de direction sont occupés par des femmes.

Pour chiffrer ces écarts et obliger les entreprises à agir, le législateur a créé l’index de l’égalité professionnelle. Depuis 2019, chaque entreprise d’au moins 50 salariés doit calculer cette note sur 100, la publier, et corriger le tir si le score est insuffisant. En 2026, les exigences se durcissent : loi Rixain, quotas de parité dans les instances dirigeantes, et transposition de la directive européenne sur la transparence salariale.

Voici ce que vous devez savoir, concrètement, pour rester en conformité.

Index Egapro : qui est concerné et quand publier ?

L’obligation concerne toute entreprise de 50 salariés et plus, quel que soit son secteur d’activité. La date limite de publication est fixée au 1er mars de chaque année (source : Service-Public.fr).

Concrètement, vous devez :

  • Publier votre note globale et le détail par indicateur sur votre site internet, de manière visible et lisible, au plus tard le 1er mars.
  • Transmettre vos résultats au comité social et économique (CSE) via la base de données économiques, sociales et environnementales (BDESE).
  • Déclarer votre index sur la plateforme officielle Egapro du ministère du Travail, qui transmet automatiquement les données à la DREETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités).

Si votre entreprise compte moins de 50 salariés, vous n’êtes pas soumis à l’index. En revanche, le principe d’égalité de rémunération s’applique à toutes les entreprises, sans seuil.

Les 5 indicateurs de calcul

L’index repose sur une note sur 100, calculée à partir de 4 ou 5 indicateurs selon la taille de l’entreprise (source : Culture RH).

1. Écart de rémunération entre les femmes et les hommes (40 points)

C’est l’indicateur principal. Il compare les rémunérations moyennes par catégorie socioprofessionnelle et tranche d’âge. Un écart de 0 % donne 40 points. Chaque point de pourcentage d’écart fait perdre des points.

2. Écart de taux d’augmentations individuelles (20 points)

Pour les entreprises de moins de 250 salariés, cet indicateur fusionne augmentations et promotions. Il vérifie que les femmes bénéficient d’augmentations dans les mêmes proportions que les hommes.

3. Écart de taux de promotions (15 points) — entreprises de 250 salariés et plus uniquement

Les entreprises de 250 salariés et plus doivent distinguer les augmentations des promotions. Cet indicateur mesure si les femmes accèdent aux postes supérieurs au même rythme que les hommes.

4. Pourcentage de salariées augmentées au retour de congé maternité (15 points)

Toute salariée de retour de congé maternité doit bénéficier des augmentations générales et de la moyenne des augmentations individuelles versées pendant son absence. Si une seule salariée est oubliée, vous perdez les 15 points.

5. Nombre de salariés du sexe sous-représenté parmi les 10 plus hautes rémunérations (10 points)

Au moins 4 femmes (ou hommes, si le sexe sous-représenté est masculin) dans les 10 plus hautes rémunérations donnent les 10 points. En dessous, le score diminue.

IndicateurPointsSeuil entreprises
Écart de rémunération40Toutes (50+)
Augmentations individuelles20Toutes (50+)
Promotions15250+ salariés
Retour congé maternité15Toutes (50+)
Hautes rémunérations10Toutes (50+)

Si votre note est inférieure à 75 points, vous devez publier des mesures correctives et les appliquer dans un délai de 3 ans (source : travail-emploi.gouv.fr). Si elle est inférieure à 85 points, vous devez fixer et publier des objectifs de progression.

Loi Rixain : les quotas arrivent

La loi Rixain du 24 décembre 2021 ajoute une couche d’obligations pour les grandes entreprises.

Femme en position de leadership dans un bureau professionnel
Photo by MART PRODUCTION on Pexels

Les paliers sont les suivants :

  • Au 1er mars 2026 : 30 % minimum de chaque sexe parmi les cadres dirigeants et les membres des instances dirigeantes.
  • Au 1er mars 2029 : 40 % minimum de chaque sexe.

Ces proportions doivent être publiées sur le site internet de l’entreprise et déclarées sur la plateforme Egapro, en même temps que l’index.

Les entreprises qui n’atteignent pas le premier palier de 30 % au 1er mars 2026 disposent de deux ans pour se mettre en conformité, à condition de publier des objectifs de progression et des mesures correctives. Au-delà, des pénalités financières pouvant atteindre 1 % de la masse salariale s’appliquent.

Ce n’est pas un objectif lointain. Le 1er mars 2026, c’est dans quelques jours.

Sanctions : ce que vous risquez

Le dispositif ne manque pas de dents. Voici les trois niveaux de sanctions :

Non-publication de l’index ou non-déclaration sur Egapro

Vous vous exposez à une pénalité pouvant aller jusqu’à 1 % de la masse salariale annuelle (source : Service-Public.fr). La DREETS peut déclencher un contrôle et fixer un délai de mise en conformité. Si vous ne réagissez pas, la sanction tombe.

Score inférieur à 75 points sans correction

Vous disposez de 3 ans pour remonter au-dessus du seuil. Si, au bout de 3 ans, le score reste inférieur à 75, la même pénalité de 1 % de la masse salariale peut s’appliquer.

Délit d’entrave

Si vous ne transmettez pas les résultats de l’index au CSE, ou si vous faites obstruction à la consultation, vous commettez un délit d’entrave passible d’une amende de 7 500 euros (source : Culture RH).

En résumé : publier l’index n’est pas optionnel. Et un score médiocre sans plan d’action vous expose autant qu’une non-publication.

Directive européenne 2026 : la transparence salariale

Le cadre réglementaire va encore évoluer.

Discussion professionnelle entre collègues sur les rémunérations
Photo by Tima Miroshnichenko on Pexels

Ce texte va plus loin que l’index actuel. Il prévoit notamment :

  • Le droit pour chaque salarié de connaître le niveau de rémunération moyen, ventilé par sexe, pour sa catégorie de poste.
  • L’obligation pour les employeurs de communiquer les critères objectifs de fixation des salaires et de progression.
  • Le renversement de la charge de la preuve : en cas de litige, c’est l’employeur qui devra démontrer l’absence de discrimination salariale, et non le salarié qui devra prouver l’écart.

Le gouvernement français a engagé des travaux avec les partenaires sociaux pour définir les modalités de transposition. Une refonte complète de l’index Egapro est envisagée pour 2027, intégrant les nouvelles exigences européennes (source : Stratégie-plan.gouv.fr).

Pour les entreprises, le message est clair : l’index actuel est un plancher, pas un plafond. Préparez-vous dès maintenant à une transparence accrue sur vos politiques de rémunération.

Communiquer vos résultats en interne

Publier l’index sur votre site internet, c’est l’obligation légale. Le communiquer en interne, c’est l’opportunité stratégique.

Vos collaborateurs savent que l’index existe. Ils le chercheront. Autant prendre les devants et maîtriser le message.

Partagez le score et le plan d’action via votre appli interne. Si votre entreprise utilise une application de communication interne, c’est le canal idéal pour diffuser ces informations. Une notification push bien rédigée, un article dans le fil d’actualité de l’appli, un document accessible en permanence dans la rubrique dédiée.

Voici ce que vous pouvez communiquer :

  • Votre note globale et le détail par indicateur, avec une explication pédagogique de chaque score.
  • Les mesures correctives engagées si votre note est inférieure à 85 points : politique d’augmentation, révision des grilles salariales, objectifs de promotion.
  • Les engagements concrets pour l’année à venir : formations, mentorat, recrutement inclusif.
  • Les résultats de l’année précédente pour montrer la progression.

Cette transparence renforce la confiance des équipes et l’attractivité de l’entreprise. Les candidats regardent ces données avant de postuler. Apprenez à créer du contenu engageant pour valoriser vos engagements auprès de vos collaborateurs.

Les fonctionnalités d’Appli en Direct vous permettent de centraliser ces informations dans un espace dédié, accessible à tout moment depuis le smartphone de chaque collaborateur.

Au-delà de l’index : 3 actions concrètes

L’index mesure des écarts. Il ne les corrige pas. Pour faire bouger les chiffres, il faut agir sur les causes profondes.

Équipe professionnelle mixte collaborant autour d'une table
Photo by Yan Krukau on Pexels

1. Formez vos managers à l’égalité salariale

Les écarts de rémunération se créent souvent lors des revues annuelles. Un manager qui ne reçoit pas de consignes claires reproduit ses biais inconscients. Mettez en place des formations obligatoires sur les biais de genre dans les décisions de rémunération et de promotion. Fournissez des grilles de critères objectifs pour chaque poste et chaque niveau.

Ce n’est pas une question de bonne volonté. C’est un processus structuré qui produit des résultats mesurables.

2. Recrutez de manière inclusive

La parité dans les shortlists de recrutement ne se décrète pas : elle se construit. Revoyez vos offres d’emploi pour éliminer le vocabulaire genré. Imposez un minimum de candidatures diversifiées pour chaque poste. Formez vos recruteurs à évaluer les compétences, pas les trajectoires linéaires.

Si votre vivier de candidatures est déséquilibré, travaillez en amont avec des réseaux professionnels féminins, des écoles, des associations sectorielles.

3. Communiquez en interne de manière transparente

Ne réservez pas la communication sur l’égalité au 8 mars. Intégrez ces sujets dans votre communication régulière. Publiez les données, les objectifs, les progrès. Célébrez les promotions. Rendez visibles les parcours de femmes à des postes de responsabilité.

Votre appli de communication interne est l’outil parfait pour cette démarche : contenu régulier, accessible, mesurable. Vous pouvez suivre les taux de lecture, adapter le format, créer de l’interaction.

Passez à l’action

L’index égalité professionnelle n’est pas une contrainte administrative de plus. C’est un outil de pilotage qui révèle l’état réel de votre politique RH. Et les entreprises qui s’en emparent sérieusement en tirent un avantage compétitif : attractivité, rétention, engagement des équipes.

La date limite du 1er mars approche. Calculez votre index, publiez-le, communiquez-le en interne. Et si vous n’avez pas encore d’outil pour centraliser cette communication, c’est le moment d’y réfléchir.

Réservez votre démo pour découvrir comment Appli en Direct accompagne les entreprises dans leur communication interne.


Cet article fait partie de notre guide pour les entreprises.

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Liz Garnier

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