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Obligations comptables des associations : ce que tout trésorier doit savoir

Liz Garnier
Liz Garnier
Main tenant un chèque, gestion comptable et financière d'une association

Vous venez d’être élu trésorier de votre association. Félicitations. Maintenant, une question vous taraude : quelles sont exactement vos obligations comptables ? Devez-vous tenir une comptabilité digne d’une entreprise du CAC 40, ou un simple cahier de recettes-dépenses suffit-il ?

La réponse n’est pas la même pour toutes les associations. Et c’est précisément ce flou qui pose problème à la majorité des trésoriers bénévoles. D’autant que le rapport financier doit être présenté lors de l’assemblée générale, devant tous les adhérents.


Ce que dit la loi (spoiler : pas grand-chose)

Premier point essentiel : la loi du 1er juillet 1901 n’impose aucune obligation comptable aux associations (source : Associations.gouv.fr). Pas de bilan obligatoire, pas de compte de résultat, pas d’audit.

Cela ne signifie pas que vous n’avez rien à faire. Cela signifie que vos obligations dépendent de la taille de votre association, de ses sources de financement, et de ses activités.

Les quatre cas qui déclenchent des obligations

SituationObligation
Association recevant plus de 153 000 euros de subventions publiques par anComptes annuels conformes au plan comptable + publication au JO
Association recevant plus de 153 000 euros de dons par an ouvrant droit à réduction fiscaleComptes annuels certifiés par un commissaire aux comptes
Association exerçant une activité économique dépassant certains seuilsComptes annuels + dépôt au greffe
Association reconnue d’utilité publiqueComptes annuels + rapport du commissaire aux comptes

Pour la grande majorité des associations — celles dont le budget annuel est inférieur à 153 000 euros et qui ne reçoivent que des cotisations et de petites subventions — aucune obligation légale spécifique ne s’applique.


Pas d’obligation légale ne veut pas dire pas de comptabilité

Même si la loi ne vous y oblige pas, tenir une comptabilité est indispensable pour :

  • Présenter un rapport financier crédible à l’assemblée générale
  • Répondre aux demandes de subvention (les collectivités exigent un bilan)
  • Garder une visibilité sur la santé financière de l’association
  • Protéger le trésorier en cas de contestation

Un trésorier qui ne peut pas justifier l’utilisation des fonds s’expose à des questions embarrassantes en AG, voire à une mise en cause de sa responsabilité personnelle.


Comptabilité de trésorerie vs comptabilité d’engagement

Deux grandes approches existent pour les associations.

La comptabilité de trésorerie (recettes-dépenses)

C’est la méthode la plus simple. Vous enregistrez les entrées et sorties d’argent au moment où elles se produisent. Un chèque de cotisation encaissé ? Recette. Une facture de location payée ? Dépense.

Adaptée pour : les petites associations (budget < 50 000 euros), sans salariés, avec des opérations simples.

Outils : un tableur suffit. Excel ou Google Sheets avec trois colonnes : date, libellé, montant (positif ou négatif). Point final.

La comptabilité d’engagement

Plus complète, elle enregistre les opérations à la date de leur fait générateur, pas de leur paiement. Vous enregistrez la cotisation quand l’adhérent s’inscrit (même s’il n’a pas encore payé), et la facture quand vous la recevez (même si vous ne l’avez pas encore réglée).

Adaptée pour : les associations de taille moyenne à grande (budget > 50 000 euros), celles qui ont des salariés, des subventions, ou une activité économique.

Outils : un logiciel de comptabilité associative (AssoConnect, HelloAsso Pro, ou un logiciel comptable classique paramétré pour les associations).


Le plan comptable associatif : pour qui ?

Le plan comptable des associations, inspiré du plan comptable général, a été mis à jour en 2025 pour intégrer notamment la valorisation du bénévolat et mieux encadrer les fonds associatifs (source : Associations.gouv.fr).

Ce plan est obligatoire uniquement pour les associations soumises à l’obligation de tenir des comptes annuels (seuils de 153 000 euros mentionnés plus haut). Pour les autres, il constitue un cadre de référence recommandé mais pas imposé.

Les grands postes du plan comptable associatif

  • Classe 1 — Fonds associatifs : résultat cumulé, réserves, fonds dédiés
  • Classe 6 — Charges : achats, services extérieurs, impôts, charges de personnel
  • Classe 7 — Produits : cotisations, subventions, dons, recettes d’activité
  • Classe 8 — Contributions volontaires : bénévolat valorisé, dons en nature

La classe 8 est une spécificité du plan comptable associatif. Elle permet de valoriser le bénévolat : si 20 bénévoles consacrent 5 heures par semaine à l’association pendant un an, cela représente un volume considérable que vous pouvez chiffrer dans vos comptes. C’est un argument puissant dans les dossiers de subvention.


Le rapport financier : le rendez-vous annuel

Quelle que soit la taille de votre association, vous devrez probablement présenter un rapport financier lors de l’assemblée générale. C’est souvent prévu dans les statuts.

Ce que doit contenir le rapport financier

Un rapport financier clair comprend :

Le bilan de l’exercice écoulé :

  • Recettes par catégorie (cotisations, subventions, dons, recettes d’événements)
  • Dépenses par catégorie (location, matériel, assurance, communication, déplacements)
  • Résultat de l’exercice (excédent ou déficit)
  • Trésorerie disponible en fin d’exercice

Le budget prévisionnel de l’année suivante :

  • Recettes attendues
  • Dépenses prévues
  • Investissements envisagés

Rendre le rapport financier lisible

La plupart des adhérents ne sont pas comptables. Évitez les tableaux de 50 lignes avec des libellés obscurs. Présentez les grandes masses, utilisez des graphiques simples, et expliquez les écarts significatifs avec le budget prévisionnel.

Publiez le rapport financier dans l’espace documents de votre application avant l’AG. Les adhérents pourront le consulter à l’avance et poser des questions pertinentes le jour J, plutôt que de découvrir les chiffres en séance.


Les erreurs fréquentes du trésorier bénévole

Mélanger les comptes personnels et associatifs

C’est la première règle : l’association doit avoir son propre compte bancaire. Aucune opération de l’association ne doit transiter par le compte personnel d’un bénévole. En cas de contrôle ou de litige, l’absence de séparation rend toute justification impossible.

Ne pas conserver les justificatifs

Chaque dépense doit être appuyée par un justificatif : facture, ticket de caisse, contrat, reçu. Conservez ces documents pendant au moins 6 ans (durée de prescription). Un classement par mois et par catégorie (papier ou numérique) suffit.

Reporter la comptabilité

Le trésorier qui “fait les comptes une fois par an, la veille de l’AG” s’expose à des erreurs et des oublis. Mieux vaut consacrer 30 minutes par semaine à pointer les opérations qu’une journée entière à reconstituer 12 mois d’activité.

Oublier les obligations déclaratives

Si votre association a des salariés, elle doit établir des bulletins de paie, déclarer les charges sociales, et respecter le droit du travail. Si elle réalise des opérations taxables (ventes, prestations de service au-delà de certains seuils), des obligations fiscales s’ajoutent.


Simplifier la comptabilité grâce au numérique

Les outils numériques permettent de simplifier considérablement la tâche du trésorier :

  • Rapprochement bancaire automatique : l’outil pointe les opérations bancaires avec les écritures comptables
  • Export pour l’expert-comptable ou le commissaire aux comptes si nécessaire
  • Génération automatique du bilan et du compte de résultat
  • Suivi en temps réel de la trésorerie

Pour la gestion des cotisations et la communication avec les adhérents, votre application Asso en Direct centralise les informations et facilite les relances. Consultez notre guide sur la gestion des cotisations pour aller plus loin.


Quand faire appel à un expert-comptable ?

Pour une petite association, un trésorier rigoureux avec un tableur bien structuré suffit. Mais dans certains cas, l’accompagnement d’un professionnel est recommandé :

  • Vous dépassez 100 000 euros de budget annuel
  • Vous avez des salariés
  • Vous exercez une activité économique taxable
  • Vous recevez des subventions importantes nécessitant un suivi précis
  • Vous souhaitez obtenir la reconnaissance d’utilité publique

Certains experts-comptables proposent des tarifs préférentiels pour les associations, et le mécénat de compétences permet parfois d’obtenir cet accompagnement gratuitement.


Ce qu’il faut retenir

La comptabilité associative n’est pas un fardeau bureaucratique. C’est un outil de transparence, de pilotage et de crédibilité. Un trésorier qui maîtrise ses comptes protège l’association, rassure les adhérents, et renforce la confiance des financeurs.

Commencez simple, soyez régulier, conservez vos justificatifs, et présentez vos comptes clairement. Le reste viendra avec la pratique.

Vous souhaitez simplifier la gestion quotidienne de votre association ? Réservez votre démo et découvrez comment Asso en Direct accompagne les trésoriers et les bureaux associatifs.

Cet article fait partie de notre Guide pour associations.

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